CHAR (René)

Lettre autographe signée adressée à Simone [Roux]

s.l., 1954

Une feuille de 20,7 x 13,4 cm, rédigée à l'encre noire.

Lettre de recommandation de 2 pages in-12 adressée aux parents de Marie-Louise Roux pour une inscription à la Faculté de Médecine de Paris.

« Le 5 mai 1954 / Chère Simone, / J’ai répondu ce matin à la lettre de Mimi pour / lui dire que nous nous occupions d’elle. / Voici le résultat des premières démarches informatives / auxquelles s’est livrée Maryse Lafont. / Il faut adresser au : Directeur de la Cité / Universitaire (Fondation nationale) 19 boulevard / Jourdan - Paris, une lettre que Jean écrira, demandant / le questionnaire à remplir en vue d’une candidature de sa fille / en qualité de «résidente». Rappeler les études antérieures / et les études qui vont avoir lieu. / En même temps poser une demande d’imma- / triculation à la Faculté de Médecine, secrétariat / 45 rue des Saints Pères - Paris 6e. Pour cela produire : / a) acte de naissance de Mimi, b) autorisation de / son père avec signature légalisée, c) les diplômes et certificats, d) notes indiquant les études antérieures et l’ordre des études / qu’elle poursuit e) copie de carte d’identité. / Ces deux démarches bien qu’indépendantes l’une de / l’autre peuvent être faites simultanément. Ensuite / viendra l’inscription. Elle est reçue à la même adresse; / 45 rue des Saint-Pères. / Je vous écris pour simplifier ce que vous devez savoir, / ou avoir déjà fait (inscription). / Aussitôt remplie la formalité de la Cité / Universitaire, écrivez le moi afin qu’on la / fasse appuyer par le Président de l Commission / des Finances du Sénat. / Cette voie à suivre est nécessaire pour plus de / liberté de manoeuvres, car on répond généralement / aux étudiants de province de poursuivre leurs études / à la Faculté la plus proche de leur résidence, pour / décongestionner Paris. / Mes amitiés à Jean / Bien à vous chère Simone / René Char ».

C’est à Céreste, village des Alpes-de-Haute-Provence, durant l’été 1937, que René Char fit la rencontre de René, Jean, Georges-Louis et Claude Roux. Les quatre frères deviennent rapidement des amis proches de Char avec qui ils partagent le goût de la poésie et des promenades dans la garrigue.

A la suite du décès de René Roux, l’aîné de la fratrie, René Char décide de publier les vers qu’il laissait et demande à ses frères de joindre leurs productions aux siennes. Ce recueil intitulé Quand le soir menace paraît en 1939 chez GLM. Char y donne l’avant-propos.

Durant la guerre, quand René Char entre dans la clandestinité et adhère à l’Armée Secrète sous le nom d’Alexandre, c’est dans le maquis de Céreste qu’il établit son réseau de résistance. C’est là qu’il rédigera une partie de ses écrits de guerre qui seront réunis après-guerre dans Seuls demeurent, Les Feuillets d’Hypnos et Le Poème pulvérisé, regroupés en 1948 dans Fureur et Mystère.

Il est alors un intime de la famille Roux. Marie-Louise Roux (1935-2010), fille de Jean et de son épouse, Simone, n’a alors que 7 ans.

Après guerre les liens de René Char avec la famille Roux ne se distendent pas. Les lettres envoyées à Simone Roux, l’épouse de Jean en témoignent.

On y apprend que René Char interviendra en 1954 pour aider leur fille, Marie-Louise, surnommée Mimi, alors âgée de 19 ans, à s’inscrire à la faculté de médecine à Paris.

René Char offrira à Mimi bon nombre de livres parus dans la seconde moitié des années 50. Il lui réserve également des plaquettes à petit tirage éditées par Pierre André Benoit. Le plus souvent, ces livres sont ornés de belles dédicaces. Certaines d’entre-elles laissent deviner que l’auteur d’Éros suspendu n’était pas insensible aux charmes de la jeune Marie-Louise.

Dans la seule lettre de René Char à Marie-Louise figurant dans ce catalogue, nous apprenons qu’il attendait, avec désir, sa visite aux Busclats, sa maison à l’Isle sur Sorgue.

Diplômée de médecine, Marie-Louise Roux épousera à l’Isle sur Sorgue le 18 décembre 1966, Pierre-Christian Taittinger, fils du fondateur de la maison de Champagne et homme politique, futur sénateur et maire du XVIe arrondissement de Paris. René Char adressera une lettre de félicitation à Simone pour cette union. Il semble ensuite avoir cessé d’envoyer ses livres à Marie-Louise.

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