CHAR (René)

Jeanne qu'on brula verte

Alès, PAB, 1956

Minuscule (8,7 x 8,7 cm), broché, couverture blanche rempliée imprimée en noir, 12 ff. n. ch.

Édition originale illustrée d'un frontispice de Georges Braque en noir (après une première édition sans le frontispice presque entièrement détruite).

Tirage limité à 99 exemplaires numérotés, justifiés et signés par l'éditeur.

Un des 87 exemplaires sur Rives (après 12 Chine).

Envoi autographe de l'auteur à l'encre bleue : "Pour Mimi" sur la page de titre et signature (monogramme) de René Char au colophon.

"Écrit à la demande de Pierre-André Benoit, ce portrait de Jeanne d'Arc brulée dans la verdeur de sa jeunesse fut adressé à Alès à la fin de juillet 1956. Après avoir écarté le risque d'une publication au calendrier du livre chrétien, où PAB l'entraînait plus ou moins ingénument, Char demanda à celui-ci de l'éditer lui-même. L'impression en était à peine achevée, fin août, quand l'envoi par Georges Braque d'un dessin de titre changea la donne : les plombs conservés furent retirés avec le dessin cliché, la couverture recomposée selon les indications de Char, et les exemplaires de la première édition... brûlés - presque tous." (Antoine Coron).

C’est à Céreste, village des Alpes-de-Haute-Provence, durant l’été 1937, que René Char fit la rencontre de René, Jean, Georges-Louis et Claude Roux. Les quatre frères deviennent rapidement des amis proches de Char avec lui ils partagent le goût de la poésie et des promenades dans la garrigue.

A la suite du décès de René Roux, l’aîné de la fratrie, René Char décide de publier les vers qu’il laissait et demande à ses frères de joindre leurs productions aux siennes. Ce recueil intitulé Quand le soir menace paraît en 1939 chez GLM. Char y donne l’avant-propos.

Durant la guerre, quand René Char entre dans la clandestinité et adhère à l’Armée Secrète sous le nom d’Alexandre, c’est dans le maquis de Céreste qu’il établit son réseau de résistance. C’est là qu’il rédigera une partie de ses écrits de guerre qui seront réunis après-guerre dans Seuls demeurent, Les Feuillets d’Hypnos et Le Poème pulvérisé, regroupés en 1948 dans Fureur et Mystère.

Il est alors un intime de la famille Roux. Marie-Louise Roux (1935-2010), fille de Jean et de son épouse, Simone, n’a alors que 7 ans.

Après guerre les liens de René Char avec la famille Roux ne se distendent pas. Les lettres envoyées à Simone Roux, l’épouse de Jean en témoignent.

On y apprend que René Char interviendra en 1954 pour aider leur fille, Marie-Louise, surnommée Mimi, alors âgée de 19 ans, à s’inscrire à la faculté de médecine à Paris.

René Char offrira à Mimi bon nombre de livres parus dans la seconde moitié des années 50. Il lui réserve également des plaquettes à petit tirage éditées par Pierre André Benoit. Le plus souvent, ces livres sont ornés de belles dédicaces. Certaines d’entre-elles laissent deviner que l’auteur d’Éros suspendu n’était pas insensible aux charmes de la jeune Marie-Louise.

Dans la seule lettre de René Char à Marie-Louise figurant dans ce catalogue, nous apprenons qu’il attendait, avec désir, sa visite aux Busclats, sa maison à l’Isle sur Sorgue.

Diplômée de médecine, Marie-Louise Roux épousera à l’Isle sur Sorgue le 18 décembre 1966, Pierre-Christian Taittinger, fils du fondateur de la maison de Champagne et homme politique, futur sénateur et maire du XVIe arrondissement de Paris. René Char adressera une lettre de félicitation à Simone pour cette union. Il semble ensuite avoir cessé d’envoyer ses livres à Marie-Louise.

P. A. Benoit, Bibliographie des oeuvres de René Char, 71

750 €