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MIRBEAU (Octave)

Lettres de ma chaumière

Paris, A. Laurent, 1886

18,8 x 12 cm, broché, couverture beige imprimée en noir, 1 f. blanc, faux-titre, titre, 434 pp., 1 f. blanc, étui-chemise cartonné.

Édition originale du tirage courant (après 15 ex. sur Hollande).

Exemplaire non coupé, broché tel que paru. Quelques petites restaurations marginales en couverture.

Truffé d'une longue lettre de 2 pp., rédigée à l'encre noire, datée du 14 avril 89, adressée à [Rodolphe Darzens] à propos de ces Lettres de ma chaumière :

"Monsieur et cher confrère,
Laissez moi d'abord vous remercier d'avoir pensé à moi pour la série que vous préparez. Cela me fait grand plaisir car les noms de vos collaborateurs et le vôtre sont des noms que j'aime. Mais il y a une difficulté. La Chambre close est en effet bien courte. A peine pourrait-elle donner vingt pages. Et je n'ai point de nouvelles dans les conditions où vous me les demandez. Je suis en outre très pris par mon roman pour songer, en ce moment, à en écrire une.
Pourtant voici ce que je vous propose. J'ai, il y a quatre ans, publié un volume, Les lettres de ma chaumière, chez un pauvre éditeur, qui fit faillite trois mois après. Le volume est absolument inconnu. Il ne s'en est pas vendu cinquante exemplaires; et il est introuvable. Au dernier moment, pressé par l'argent, le brave éditeur - il s'appelait Laurent - vendit ce qui lui restait de volumes, comme vieux papier, au poids. Les 900 autres exemplaires des Lettres de ma chaumière ont été, je pense, dispersés chez divers épiciers, et servent à envelopper du fromage de gruyère.
Pour ce volume, il y a deux nouvelles : La mort du Père Dugué et Agronomie qui ne sont point, je crois, très mauvaises, et qui ont même l'avantage de n'avoir paru dans aucun journal. C'est donc dire qu'elles ont paru nulle part. De plus elles ont la dimension requise. Voulez-vous les voir ? La Mort du Père Dugué, qui est un récit champêtre, pourrait fournir à Rops, matière à une belle eau-forte. Du moins, il me l'avait dit, dans le temps. Mais je n'ai pas le volume, l'ayant prêté à un ami qui ne me l'a jamais rendu. Et quant à le trouver chez un libraire quelconque, il n'y faut pas songer. Hervieu l'a. Voudriez-vous bien prendre la peine de le lui demander ?
Pardon de tous ces tracas, mais je serais très heureux de participer à cette publication, et je vous serais très reconnaissant, si vous pensiez que cette combinaison fut possible.
Faites bien toutes mes amitiés à Rops et dites lui qu'il serait gentil de m'écrire.
Agréez, Monsieur et cher confrère, l'assurance de mes sentiments de très chaude sympathie.
Octave Mirbeau
Menton, le 14 avril 89".

Certains des 21 contes de cet ouvrage seront réédités mais d'autres sont restés, selon la volonté de l'auteur, à jamais non réimprimés

Talvart, T. XV, 247

750 €